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Rétrospectives

Les séminaires HORSCH 2011

Depuis toujours, l’entreprise HORSCH se définit, non seulement comme un fabricant de machines, mais également comme un partenaire compétent des agriculteurs, pour toutes les questions liées à l’agriculture. Derrière le slogan „Aiguiser votre regard“, s’est déroulé le séminaire HORSCH 2011, en février dernier. Du fait du nombre important de participants – plus de 500 personnes s’étaient inscrites – le séminaire s’est déroulé à la salle des fêtes de Rieden / Kreuth, tout près de Schwandorf et non pas au Gut Sitzenhof, siège social de l’entreprise.

Les questions suivantes ont été au coeur de l’évènement:
- La politique agricole post 2013
- Le marché des produits agricoles
- acheter au bon moment
- placer au bon moment
- vendre au bon moment

Les participants ayant pris des forces avec une collation copieuse, Michael Braun, responsable du séminaire chez HORSCH a débuté la séance par l’énoncé des principaux thèmes de la journée. Le premier orateur, Michael Horsch, PDG de l’entreprise, a introduit les débats par le thème : „Quels développements agricoles nous influenceront le plus fortement?’’

Cette intervention a été suivie d’une conférence de Hans-Michael Goldmann sous le titre „Politique agricole après 2013 et tendances politiques liées au marché agricole européen.“ M. GOLDMANN est Président du Comité pour
l’Alimentation, l’Agriculture et la Défense du Consommateur au Parlement allemand. Le membre du FDP (Parti Libéral) a d’abord précisé, qu’au sein de ce Comité, il n’était plus engagé sur le dossier de l’agriculture, mais qu’il s’occupait en premier lieu de la défense du consommateur, et particulièrement, des denrées alimentaires.

Le second dossier important concerne le développement rural. La Politique en général doit cependant clarifier les secteurs intervenant en amont et en aval de l’agriculture. A titre d’exemples, il a cité, entre autres, le machinisme agricole et les industries de transformation alimentaire. „Si l’on considère l’ensemble de la chaîne“, indique M. Goldmann, l’agriculture est le deuxième employeur d’Allemagne.“

Le Président du Comité a regretté qu’en Politique, les partis soient plus préoccupés par leurs politiques internes que par les faits et les enjeux nationaux. Avec les scandales, l’opposition demande généralement la démission d’un Ministre responsable, même si celui-ci est en train de rectifier le tir.

A l’opinion souvent répandue dans la population que l’agriculture n’est simplement là que pour toucher des subventions, Hans-Michael a répondu : „67% du budget de la PAC est utilisé pour garantir la subsistance de l’agriculture“. Les financements de l’UE pour la construction de routes sont largement supérieurs au budget agricole.

Son avis sur l’opinion publique au sujet de l’agriculture: „Certains rêvent que l’agriculture ressemble à la ferme qu’ils ont auparavant reçus comme cadeau de Noël.“ Il a toutefois mis en garde au sujet de l’assimilation des termes „agriculture bio“ avec „durabilité.“ La durabilité signifie également la création d’emploi et de nourriture.

Après 2013, selon son opinion, les agriculteurs perdront de l’argent. A titre d’exemple, il cite les producteurs de lait. Pour compenser, il appelle de tous ses voeux une approche rationnelle de la génétique. D’autres pistes sont à revoir, un amendement de la loi sur les énergies renouvelables serait nécessaire. Même si le modèle à deux piliers perdurera, il faudra repenser le couplage entre le nombre de têtes de bétail et les surfaces, pour le calcul des primes. Le versement des primes doit être réservé aux agriculteurs qui exploitent les terres avec des pratiques agricoles efficaces. Enfin, il faudrait concevoir les marchés à terme de manière à ce qu’ils soient bénéfiques aux agriculteurs.

Après le déjeuner, le deuxième intervenant, le Dr Gudwin Rühlicke, de la société K+S Kali GmbH a pris la parole pour aborder le thème de la disponibilité des engrais, du tour d’horizon du marché et de l’évolution des prix. Dès le début, il a indiqué clairement : „Les producteurs ne peuvent en aucun cas être les responsables de la hausse des prix de l’azote.“ En effet, il y a trop d’opérateurs sur le marché. L’Allemagne, avec une part de 1,6 % du marché mondial, représente donc un poids de faible importance. La production est ininterrompue et le prix varie en fonction de l’offre et de la demande ainsi que du cours du dollar. „Les prix sont fortement influencés par la Chine et l’Inde“, a souligné le spécialiste. „Dans ces pays, les achats sont réalisés par l’Etat et l’importation d’engrais est moins coûteuse que l’importation de denrées alimentaires. Au niveau de notre planète, la consommation d’azote est d’environ 100 millions de tonnes, l’Asie représentant la plus grande part.

Bien qu’elle ne soit pas populaire en Europe, l’urée serait une forme alternative à l’engrais azoté et de surcroît facile à mettre en oeuvre. Le plus gros exportateur d’urée, rappelle M. Rühlicke, est la Chine. Cependant, l’état
exerce une influence très forte par l’application de taxes à l’exportation, qui expliquent les fortes variations de prix, partout dans le monde.

„Au final, le prix des substances fertilisantes suit la demande“, indique le Dr Rühlicke. „Ils montent en même temps que le prix du pétrole et des matières premières.“

Selon lui, les principaux facteurs générant les coûts sont :
- l’approvisionnement
- les prix de l’énergie
- les coûts des matières premières
- les coûts de transport
- les coûts de stockage
- le cours du dollar

Dans le monde entier, la consommation d’azote en agriculture augmente en moyenne de 1.8 % par an, sous la forme urée, la croissance de la production totale s’établit à 3.5 % sur les dix dernières années.

„Les réserves de phosphate atteignent statistiquement 115 années. Toutefois, sans récupération“ souligne M. Rühlicke. „ L’exploitation en est partiellement difficile. Les plus gros fournisseurs sont le Maroc – qui représente à
lui seul la moitié du commerce mondial – et la Chine. En Europe, il n’y a pas de gisement. Comme le processus de fabrication des engrais phosphatés nécessite l’utilisation d’acide sulfurique, le prix de l’acide a une influence directe. Grâce à la construction de nouvelles capacités de production, je ne m’attends pas à une augmentation des prix à moyen terme“.

Grâce à des réserves suffisantes, M. Rühlicke ne craint pas de pénurie pour la potasse. Là aussi, la consommation est très élevée en Asie, ce qui a une influence sur les prix. Malgré une part de 10 % du marché mondial, le représentant de la société déclare : „Nous ne faisons pas les prix. “ Les quantités de potasse importées en Europe sont élevées, la consommation mondiale s’élève à 55 millions de tonnes par an. Son évaluation générale du marché : „La demande mondiale d’engrais s’accroît, mais l’augmentation des prix ne peut pas durer indéfiniment et il est toujours payant d’adapter la fertilisation azotée au rendement et la qualité“.

M. Martin Schraa, de la société Agrarmarkt, était le dernier intervenant. Il a parlé sur le thème: „Le développement du marché des céréales, les estimations des stocks, l’impact des variations de récolte dans le monde.“ Il observe que les stocks de blé ont fondu dans une fourchette de 13 à 20 millions de tonnes. Il persiste un problème de qualité. Les flux commerciaux ont changé et les prix devraient monter à un niveau record. Les stocks ne sont que de 98 jours pour le blé et 53 pour le maïs!

„Les marchés à terme se développent nettement en direction de prix sécurisés, mais aussi vers la spéculation’’, indique M. Schraa. A Chicago, la production mondiale est jusqu’à 5 fois commercialisée. Cette volatilité a augmenté de manière significative – ce qui constitue également un indicateur pour la spéculation. Dans le futur, cela sera le cas encore plus souvent, selon l’avis de cet observateur des marchés.

M. Schraa estime que la consommation de céréales a augmenté de 30% dans les vingt dernières années et de 145 % pour le soja. La dépendance des importations a augmenté. Avec l’augmentation des prix, la demande recule, dans un contexte de production accrue. Les décisions politiques, par exemple le soutien aux énergies renouvelables, influencent la production. De plus, la croissance démographique (+ 56 % depuis 1980) et l’augmentation des revenues sont des facteurs qui favorisent une consommation élevée.

M. Schraa a décrypté le marché allemand des céréales, comme suit :
- de mars à août, les moulins se sont inquiétés quant à l’approvisionnement
- les stocks de céréales ont été nettement inférieurs au niveau de l’année précédente
- une exportation forte a été responsable de la diminution des stocks
- la courbe des prix s’est aplatie
- les stocks dans les fermes ont en grande partie été mis sur le marché

Concernant la méthanisation, M. Schraa a ajouté : „En 2010, il y avait 6.000 unités, en 2011: 6.800. Le besoin en surfaces est de 650.000 hectares, correspondant à environ 5 % de la totalité des terres
cultivables. A cela s’ajoute 240.000 hectares pour la production d’éthanol, soit encore 2 % supplémentaires.

Pour 2011, M. Schraa a prévu une augmentation mondiale et européenne des surfaces cultivées de blé et de maïs, alors qu’elles seront stables en Allemagne. La récolte, pour autant qu’on puisse la prédire, augmentera de pratiquement 25 % à 672 millions de tonnes. Comme la demande mondiale seule atteint 670 millions de tonnes, les stocks seront quasiment réduits à rien.

A la fin de la conférence, les participants avaient la possibilité d’engager une discussion avec les intervenants.

En conclusion, une présentation des machines a eu lieu.

Les commentaires des visiteurs ont été unanimement positifs. „Sujets d’actualité, conférenciers intéressants et discussions ouvertes – c’est ce qui fait l’originalité des séminaires HORSCH,“ ont déclaré avec enthousiasme les visiteurs.

Conclusion: participer à un séminaire HORSCH, ça vaut le détour!